Ce qui change selon d'où vous partez
La réglementation marocaine des changes ne fait aucune différence entre un Marocain de Bruxelles et un Marocain de Montréal. La fiscalité, elle, en fait une considérable.
Mis à jour le 11 août 2026 · sources officielles consultées le 11 août 2026

Côté marocain, le régime est le même pour tous les Marocains résidant à l'étranger : mêmes comptes, mêmes conditions de convertibilité, même impôt sur les revenus de source marocaine. Ce qui change d'un pays à l'autre, c'est le traitement que le pays de résidence réserve à ces mêmes revenus, et il dépend de la convention de non-double imposition signée avec le Maroc, dont la rédaction varie selon l'époque de sa signature.
Les huit pays traités
Le seul critère qui compte vraiment
Il tient en une question : votre pays de résidence exclut-il le revenu marocain de sa base imposable, en ne le retenant que pour calculer un taux, ou l'inclut-il en accordant ensuite un crédit d'impôt ? La convention France-Maroc de 1970 retient la première méthode pour l'immobilier. La convention Maroc-Belgique de 2006 prévoit au contraire une imposition partagée. Ce n'est pas une nuance de vocabulaire : les deux méthodes produisent des factures différentes, et l'écart s'amplifie avec le montant des autres revenus.
Ce qui est identique partout
- Le régime des comptes : compte en devises ou en dirhams convertibles, mêmes conditions, article 228 de l'Instruction générale des opérations de change 2026.
- La condition de convertibilité : le financement en devises, et les justificatifs à conserver sans limite de durée.
- L'impôt marocain sur les revenus fonciers et sur le profit immobilier : il ne dépend pas du pays de résidence.
- Les exigences de forme des actes immobiliers marocains et des procurations.
- L'apostille : les huit pays traités ici sont parties à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961, applicable au Maroc depuis le 14 août 2016.
Une confusion à écarter d'emblée
La résidence au sens de la réglementation marocaine des changes est définie par renvoi à la résidence fiscale, depuis l'article 2 de l'Instruction générale des opérations de change 2026. Ce n'est plus une notion autonome, contrairement à ce qu'on lit encore souvent.
La conséquence est directe pour ceux qui font des séjours prolongés au Maroc : franchir le seuil de résidence fiscale marocaine fait basculer tout le régime de change, pas seulement le régime d'impôt.

Questions fréquentes
Le pays de résidence change-t-il quelque chose au régime marocain des changes ?
Non. L'Instruction générale des opérations de change traite de la même manière tous les Marocains résidant à l'étranger, sans distinguer selon le pays.
Pourquoi seulement huit pays ?
Ce sont les huit destinations où réside la plus grande partie de la diaspora marocaine et pour lesquelles la question revient le plus souvent. D'autres pays ont aussi des conventions avec le Maroc.
Une convention plus récente est-elle plus favorable ?
Souvent l'inverse, pour l'immobilier. Les conventions anciennes réservent plus volontiers l'imposition à l'État où le bien se trouve. Les modèles récents partagent l'imposition entre les deux États.
Où trouver le texte de la convention applicable ?
Auprès des deux administrations fiscales concernées. L'administration marocaine publie des fiches synthétiques par pays, l'administration du pays de résidence publie généralement le texte intégral avec ses avenants.
Faut-il un conseil dans les deux pays ?
Sur les sujets de transmission et de fiscalité, oui. Un conseil qui ne connaît qu'un côté ne peut pas voir l'articulation, et c'est justement là que se produisent les erreurs coûteuses.
Le changement de pays de résidence est-il à signaler ?
Il change la convention applicable et donc tout le traitement de vos revenus marocains. Ce n'est pas une formalité : c'est une remise à plat.
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