L'essentiel

Faire entrer, placer, déclarer et faire ressortir son argent au Maroc

Ce site ne parle ni du retour au pays, ni du choix d'une ville, ni d'un mode de vie. Il traite une seule chose : la mécanique. Quels comptes, quels textes, quelles déclarations, et par quelle porte l'argent repart.

Casablanca vue d'en haut, sous un ciel dégagé
Casablanca vue d'en haut, sous un ciel dégagé. Photographie de Aymane Hanni, publiée sur Pexels.
La réponse courte

Un patrimoine marocain détenu depuis l'étranger obéit à deux corps de règles distincts : la réglementation des changes, portée par l'Instruction générale des opérations de change de l'Office des changes, et la fiscalité, portée par le Code général des impôts. La première décide si l'argent pourra ressortir. La seconde décide de ce qui reste après impôt. Les deux se décident au moment du financement, pas au moment de la revente.

Pourquoi tout se joue au moment où l'argent entre

C'est la seule idée que ce site défend d'un bout à l'autre, et c'est celle qui manque presque partout. Le droit de faire ressortir du Maroc le produit d'une revente ou des loyers n'est pas attaché au bien, ni à la personne : il est attaché à la manière dont l'achat a été financé. Un même appartement, acheté par deux frères le même jour au même prix, donne à l'un un capital transférable et à l'autre un capital bloqué en dirhams, selon que l'argent est venu de l'étranger ou d'une poche marocaine.

Cette règle n'est pas une interprétation. Elle est écrite à l'article 171 de l'Instruction générale des opérations de change, qui subordonne expressément la garantie de transfert au financement en devises.

Office des changesIGOC 2026, article 171

Les investissements étrangers au Maroc bénéficient d'un régime de convertibilité, lorsqu'ils sont financés en devises dans les formes prévues à l'article 173.

Ce régime garantit la liberté de transfert des revenus produits par l'investissement, du produit de sa cession ou de sa liquidation, et du produit issu de la dévolution successorale.

L'article 170 range expressément les personnes physiques de nationalité marocaine résidant à l'étranger parmi les investisseurs concernés, et l'article 172 range l'acquisition de biens immeubles parmi les formes d'investissement.

Les quatre moments d'un patrimoine, et le texte qui commande chacun

Tableau à faire défiler horizontalement.

Le momentCe qui se décideLe texte qui commande
L'argent entreLe compte qui le reçoit, et donc la convertibilité futureIGOC 2026, articles 11, 12 et 228
L'achat se signeLa forme de l'acte, la validité, l'inscription au titreLoi 39-08, article 4 · dahir de 1913
Le bien rapporteL'impôt marocain, puis ce qui peut être rapatriéCGI, articles 61 à 73 · IGOC, articles 160 à 162
Le bien sort du patrimoineLa taxe sur le profit immobilier, ou la dévolutionCGI, articles 61-II et 63-II · dahir de 1913 sur la condition civile
Les références renvoient aux textes cités et datés sur la page des sources.

Par où commencer, selon la question qui vous amène

Ce que ce site ne fera jamais

Un piège que presque tout le monde répète

Les pages destinées aux Marocains du monde sur le site de l'Office des changes citent encore des numéros d'articles issus d'un texte abrogé, notamment les articles 45, 49 et 767 à 770. L'Instruction générale des opérations de change 2026 a renuméroté l'ensemble. Les articles utiles sont aujourd'hui les 2, 11, 12, 36 à 42, 140 et 141, 160 à 162, 170 à 177, 202 et 203, 228 et 241.

Une source qui vous cite un article 767 vous cite un texte qui n'existe plus. C'est le meilleur test pour savoir si une page a été écrite cette année ou recopiée d'une autre.

Des mains tenant des billets de 500 euros
Des mains tenant des billets de 500 euros. Photographie de cottonbro studio, publiée sur Pexels.

Questions fréquentes

Un Marocain résidant à l'étranger est-il un investisseur étranger au sens des changes ?

Oui, pour ce régime précis. L'article 170 de l'Instruction générale des opérations de change 2026 range les personnes physiques de nationalité marocaine résidant à l'étranger parmi les personnes dont les opérations constituent des investissements étrangers au Maroc. C'est ce qui leur ouvre la garantie de transfert de l'article 171.

La résidence au sens des changes est-elle la même que la résidence fiscale ?

Depuis l'Instruction générale des opérations de change 2026, oui : son article 2 définit le résident comme la personne « considérée comme résidente au sens de la législation fiscale en vigueur ». L'idée de deux notions autonomes, encore très répandue, ne correspond plus au texte en vigueur.

Faut-il déclarer son achat immobilier à l'Office des changes ?

Le texte 2026 n'impose aucune déclaration ni compte rendu à la charge de l'investisseur pour cette opération. Ce qui compte n'est pas une déclaration mais la conservation des justificatifs bancaires de financement en devises, seule preuve de la convertibilité au moment de revendre. Voir le droit de retransfert.

Ce site donne-t-il des conseils personnalisés ?

Non, et il ne le peut pas. Il décrit des règles générales avec leur source. Une décision d'achat, de financement, de déclaration ou de transmission se prend avec un notaire, un avocat ou un conseil fiscal, dans les deux pays concernés.

Les règles décrites ici peuvent-elles changer ?

Oui, et souvent. L'Instruction générale des opérations de change est réécrite presque chaque année, et le Code général des impôts est modifié à chaque loi de finances. Chaque page porte la date à laquelle sa source a été consultée. Passé quelques mois, il faut rouvrir le texte.

Pourquoi le site ne publie-t-il aucun prix ?

Parce qu'un prix se périme plus vite qu'une règle et qu'il engage une entreprise tierce. Les taux légaux, les seuils réglementaires et les barèmes publiés par une administration sont d'une autre nature : ils sont publics, datés et vérifiables à la source.

Page mise à jour le 11 août 2026. Version markdown de cette page · Toutes les sources · Comment ce site est fabriqué